
Nous avions réalisé en 2005 une étude pour le compte de la MSA Rhône et Saône-et- Loire sur l'impact de l'utilisation d'un sécateur électrique sur les facteurs de risque de TMS. Nos résultats ont été cités dans le magazine Vigneron d'octobre 2020.
Contexte
Le sécateur électrique semble avoir révolutionné la tâche de taille en diminuant l'effort musculaire et les douleurs qui en découlent. Une étude épidémiologique réalisée de 2003 à 2006 sur 561 viticulteurs et salariés viticoles de la Marne et de l'Aube avait montré que depuis l'utilisation du sécateur électrique, seuls 24% de la population souffrent de douleurs contre 60% lors de l’utilisation de sécateurs manuels. Cependant, ce changement d’outil avait entraîné un déplacement des douleurs ressenties de la partie distale (poignet/main) à la partie proximale (coude, épaule) du membre supérieur auxquelles viennent s’ajouter les douleurs lombaires (dos).
Bien que la prévalence des TMS diminue, leur gravité augmente.
En effet, la prise en charge thérapeutique des tendinites du coude et de l'épaule est plus difficile que dans le cas d'un SCC et les évolutions professionnelles plus pessimistes (arrêts : 254 jours pour une épaule contre 51 jours pour un SCC ; taux de licenciement après 2 ans : 23% pour une tendinite de l'épaule contre 16% pour un SCC, Roquelaure, 2003).
Etude
La MSA nous avait demandé de quantifier l'impact de l'utilisation de sécateurs électriques sur les facteurs de risque biomécaniques d'apparition des TMS du membre supérieur.
Cette quantification et étude comparative ont été réalisées en deux phases :

- une première quantification en laboratoire permettant de limiter les biais (contrôle du protocole). Les interrogations des conseillers MSA concernaient l’impact du type de sécateurs (3 modèles), de l’affûtage et du diamètre de la branche coupée sur les facteurs de risques biomécaniques directs (force et angulation). Nous avons également caractérisé le niveau vibratoire de ces outils et leur point d’équilibre pouvant avoir un impact sur les facteurs biomécaniques de survenu des TMS.
- une identification des contraintes liées à la gestuelle et aux postures adoptées à partir d’une étude réalisée sur le terrain
Quelques résultats

L’utilisation des sécateurs électriques se caractérise par des contraintes biomécaniques pouvant générer des TMS, liées à la conception de l’outil. Et aux caractéristiques de la tâche (répétitivité, froid). Le passage du sécateur manuel au sécateur électrique a entraîné un déplacement des contraintes (atteintes de la partie proximale, effort statique).
La finalité de cette étude étant d’établir une série de recommandations concrètes basées sur des données objectives.
Même avec l’usage du sécateur électrique, l’activité de taille reste contraignante (contraintes posturales, musculaires, répétitivité, durée de la tâche, froid, port des batteries…).
Il ne faut donc pas négliger les principes de prévention définis pour le sécateur manuel
(entretien de l’outil, alternance des postures, hygiène de vie, échauffement/étirement, outil adapté pour chaque type de branche…). Avec l’apparition du sécateur électrique, les utilisateurs négligent notamment l’affilage et coupent tout type de branches, ce qui a pour conséquence d’augmenter encore la contrainte biomécanique.
Cette étude a été reprise dans le magazine VIGNERON d'octobre 2020.
